Heine et son temps


Né dans une famille de commerçants juifs, Heinrich Heine poursuit des études de droit mais très vite se révèlent ses dons littéraires. Dernier des grands romantiques allemands, son œuvre a été, selon lui, de favoriser une meilleure connaissance entre la France et l’Allemagne. Aucun poète d’origine allemande n’a fait autant pour rapprocher les deux nations. Chez lui, le mal du siècle des romantiques est oblitéré par un esprit empreint d’une ironie souvent féroce à l’égard des faiblesses humaines et de la politique. C’est cette ironie qui fascinait Nietzsche. Vénéré par Freud, Heine figure comme une référence importante dans le texte " Le poète et les rêves ", et Marx voit en lui un allié dans " la lutte pour la libération de l’humanité ". Il lui doit la formule célèbre de la religion considérée comme " opium du peuple ". Bien avant la lettre il est, par l’autorisation qu’il se donne de s’immiscer dans la politique de son temps, un " intellectuel engagé ". Mais après l’échec de la révolution de 1848 vient pour lui le temps de la désillusion et il est convaincu du modèle pessimiste de l’histoire. Heine était considéré, aussi bien par la Prusse de Guillaume II que par la monarchie austro-hongroise, comme le " juif apatride ", à l’esprit cosmopolite, destructeur et agitateur. Ce furent Franz Wedekind et Kurt Tucholsky qui les premiers renouèrent avec la poésie satirique de Heine. Mais à nouveau la diffusion de son œuvre fut interrompue par le régime nazi. Après la chute du troisième Reich, la RDA éleva le poète au rang de " précurseur du socialisme ". La RFA ne recommença à s’intéresser à Heine qu’en 1968.

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